C’est une première historique ! Samedi 27 septembre 2025, un train de voyageurs très spécial a relié Rouen à Évreux. Affrété par les associations Pacific Vapeur Club et Brionne Éco-mobilités, le convoi s’est arrêté dans plusieurs communes euroises. Le Deux Sept était à bord. Et si on pouvait enfin relier Évreux à Rouen en train ? Les deux préfectures de l’Eure et de la Seine-Maritime sont aujourd’hui desservies seulement par des cars. Mais l’association Brionne Éco-Mobilités, soutenue par la FNAUT (Fédération nationale des associations d’usagers des transports Normandie), promeut l’ouverture d’une ligne ferroviaire directe. Des arrêts dans plusieurs communes Ce trajet, emprunté par une rame des années 1940 ce samedi pour prouver sa faisabilité, passerait par Elbeuf, Bourgtheroulde, Brionne, Serquigny, Beaumont-le-Roger, Romilly-la-Puthenaye, Conches-en-Ouche et La Bonneville-sur-Iton. « On estime que le trajet prendrait environ 1h15, arrêts compris », rapporte Xavier Braud, président de l’association Brionne Éco-mobilités. Enthousiastes, les élus du territoire concerné sont venus en nombre pour montrer leur soutien : « Ce projet vient des citoyens, des usagers, a rappelé le maire de Serquigny, Frédéric Delamare. Issu d’un travail collectif, il relève de l’intérêt général. » Le maire de Brionne, Valéry Beuriot, confirme : « Depuis 2023, il y a de nouveaux trains qui s’arrêtent à Brionne. Et les usagers sont au rendez-vous : +72 % de fréquentation des trains à Brionne, +48 % à Serquigny. Il y a donc une demande de proposer des alternatives à la voiture. » À Conches-en-Ouche, le maire Jérôme Pasco a compté : « En tout, cette liaison ferroviaire concernerait un bassin de 250 000 habitants dans l’Eure ». Un chantier moins coûteux Pourquoi cet itinéraire ? « Ce trajet est le seul envisageable aujourd’hui, estime Xavier Braud. La ligne historique qui passait par Louviers et Acquigny est en piteux état, elle nécessiterait des travaux très importants – à hauteur de 150 millions d’euros environ. » Une somme colossale, pour un horizon lointain… et incertain. Le trajet passant par Serquigny semble, en revanche, recevoir une écoute attentive de la SNCF et de la Région Normandie. « Il ne faudrait que des investissements minimes : automatiser le passage à niveau du raccordement de Serquigny et changer, tout au plus, 1,7 km de traverses », détaille Xavier Braud. Un chantier estimé autour de 2 à 3 millions d’euros, et réalisable rapidement, assure l’association. Pacific Vapeur Club FNAUT Pays de Conches Intercom Bernay Terres de Normandie