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Jorelle : six générations de jeux en bois à Bézu-Saint-Éloi

Découvrir Jorelle Le premier fut Alfred Jorelle en 1864 lorsqu’il intégra une manufacture de jeux anciens en bois. Depuis, les générations se sont succédé de père en fils avec toujours cette volonté de conserver le savoir-faire familial en matière de jeux anciens et traditionnels en bois qui rassemblent petits et grands : croquets, quilles, billards, bilboquet et surtout le jeu de la grenouille qui fait encore aujourd’hui le succès de l’entreprise. Un jeu pratiqué dans la Rome antique et ramené en Normandie par les Vikings au IXe siècle. Le but du jeu : lancer des palets en métal dans un des 9 trous. A chaque trou correspond un nombre de points, le maximum étant situé dans la bouche de la grenouille. Jean-François appartient à la cinquième génération. « Á l’âge de 9 ans, mon grand-père m’a mis sur une caisse et a commencé à m’apprendre à tourner des petites parties en bois. Ce n’est pas facile d’arrêter une histoire familiale quand on est la 5e génération. On a la sensation de faire partie d’une chaîne. Et puis, travailler le bois c’est travailler une matière chaude, noble. Il y a des métiers pires que le nôtre », souligne le patriarche. Un savoir-faire qui se perpétue Pour faire un jeu de qualité, il faut d’abord un bois de qualité. L’entreprise Jorelle se fournit notamment auprès d’une scierie située en forêt de Lyons qui sélectionne des essences de hêtres, frênes ou chênes. Il faut ensuite prendre les parties les plus nobles puis viennent les opérations de corroyage propres au travail du bois : découper, dégauchir, raboter, passer à la toupie, poncer, faire les finitions à l’huile plutôt qu’au vernis pour un aspect plus naturel. Toutes ces étapes sont réalisées à l’ancienne avec l’amour du travail bien fait. « La qualité d’un jeu, c’est d’abord la qualité du bois. Il faut ensuite avoir une main qui sache travailler le bois et qui soit formée aux métiers d’artisanat d’art. C’est une qualité qui se fait de plus en plus rare. » Depuis un an, Carl se prépare à reprendre l’entreprise à 37 ans, l’âge qu’avais Jean-François lorsqu’il a succédé à son père Jean-Claude. « Ma fierté, c’est d’abord d’avoir continué à être un maillon efficace de la chaine. J’ai récupéré ce que quatre générations avaient fait avant moi. Je me suis beaucoup amusé dans ma vie d’artisan en ayant vécu des moments forts. Enfin, ma troisième fierté est d’avoir réussi à transmettre la tradition familiale à mon fils qui reprend derrière moi. » La boucle est bouclée. Harry Potter et le balai de JorelleParmi ses nombreuses références, Jorelle a travaillé pour de grandes maisons de luxe comme Vuitton ou Chanel « qui nous a permis de mettre en lumière notre travail ». Mais l’objet le plus emblématique fabriqué par l’entreprise reste le Nimbus 2000 et le Firebolt, deux des balais utilisés par Harry Potter dans la saga pour le compte de la société Cinereplicas, gestionnaire des droits et produits dérivés. « Ce sont des moments très forts dans la vie d’un artisan ».