Cinq artistes contemporains investissent six lieux emblématiques et proposent des créations pensées spécialement pour ces espaces. Peinture, végétaux, céramique, textile ou encore matériaux recyclés : chacun apporte son propre langage et sa manière de dialoguer avec l’architecture et les paysages. Un parcours à découvrir dès ce week-end, jusqu’au 5 décembre, avec une programmation culturelle exceptionnelle où l’art et la nature se confondent.
Flora Moscovici : la peinture se fond dans les murs
À la Maison Pierre Bonnard, à Vernon, Flora Moscovici imagine une œuvre directement liée au lieu qui l’accueille. Sa peinture sort du cadre de la toile pour s’inscrire directement sur les murs et remplir l’espace dans un dialogue avec l’architecture, ses volumes, ses couleurs et sa lumière. L’artiste travaille notamment avec des lavis, des pigments et de la chaux, des matières qui lui permettent de créer des surfaces sensibles, presque atmosphériques. Son approche joue avec les perceptions et les nuances : les couleurs semblent se fondre dans l’espace, comme si elles en avaient toujours fait partie.
« Je réalise surtout des peintures in situ : je m’inspire du lieu dans lequel j’interviens pour créer une œuvre. J’aime l’idée d’être immergé dans la couleur, avec un rapport physique à l’espace qui est différent, » explique Flora Moscovici. Une manière de redécouvrir la maison et son histoire en laissant de côté les frontières habituelles entre peinture et architecture.
Lucie Reverdiau : la nature entre dans la collégiale
À la collégiale Notre-Dame de Vernon, Lucie Reverdiau invite la nature à prendre place dans cet édifice monumental. Son installation fait appel aux végétaux, aux fleurs séchées, aux feuillages et aux écorces, des éléments fragiles et organiques qui contrastent avec la pierre et les dimensions imposantes de la collégiale.

L’artiste crée ainsi un dialogue entre le vivant et le patrimoine bâti. A l’image des nymphéas de Monet, les végétaux deviennent matière artistique et transforment le regard porté sur le lieu. Les couleurs flamboyantes de ses fleurs font écho aux vitraux et aux touches colorées des peintres impressionnistes. L’artiste invite le public à prendre le temps d’observer les détails, les textures et les jeux de lumière.
Makiko Furuichi : un univers foisonnant au château des Tourelles
Au château des Tourelles et au Jardin des Arts, c’est l’univers singulier de Makiko Furuichi qui s’installe.

L’artiste japonaise aime mélanger les techniques et brouiller les frontières entre les disciplines. Aquarelle, dessin, céramique : les matières se rencontrent et donnent naissance à des œuvres où l’imaginaire occupe une place centrale. Son travail, souvent très coloré et foisonnant, invite à entrer dans un monde poétique où les formes et les personnages semblent surgir de partout et dialogue avec le patrimoine et son environnement végétal. Ici, pas question de simplement regarder une œuvre : il faut se laisser embarquer dans son univers féérique.
Olivia de Bona : l’art impressionniste revit à l’ancien Hôtel Baudy
À Giverny, direction l’ancien Hôtel Baudy, lieu incontournable de l’histoire des impressionnistes. Olivia de Bona y déploie un travail mêlant dessin, peinture, vitrail et céramique. L’artiste s’intéresse notamment aux motifs, aux couleurs, à la lumière et à la transparence dans une volonté de recréer l’ambiance de ce lieu chargé d’histoire, qui a accueilli peintres et artistes du monde entier. Ces fleurs disséminées dans le jardin côtoient une marquise en structure métal et plexiglas qu’elle a peinte. Grâce à la lumière, les couleurs se reflètent au sol comme un tableau de Monet. « Je laisse le soleil faire le travail tout comme les impressionnistes laissaient la lumière faire la plupart du travail », souligne Olivia de Bona. A l’entrée de l’Hôtel Baudy, l’artiste a peint une fresque florale comme pour inviter le public à passer les portes du lieu et à entrer dans son univers.
William Amor : des déchets plastiques transformés en fleurs
A l’église Sainte-Radegonde de Giverny, William Amor propose une création qui interpelle autant par son esthétique que par sa démarche. Avec ses « Créations Messagères », l’artiste récupère des matériaux délaissés, notamment des déchets plastiques, pour leur donner une nouvelle vie sous la forme de compositions florales. Le résultat ? Des fleurs étonnantes, colorées et délicates, réinterprètent l’œuvre du maître de l’impressionnisme, Claude Monet, qui repose dans le cimetière situé à quelques mètres de là.

Derrière la beauté des créations, le travail de William Amor pose aussi la question de notre rapport aux déchets et à la consommation. L’artiste transforme ainsi un déchet en objet artistique poétique et sensible, sublimé par les vitraux de l’église.
Cinq artistes, cinq regards… et un patrimoine à redécouvrir
- 15h et 16h – Spectacle « Between » : une chorégraphie de 20 minutes par Sylvain Groud – Ballet du Nord à l’Ancien Hôtel Baudy à Giverny. Pour réserver, cliquez ici.
- 20h – Spectacle « Les impressionnantes » : une soirée mêlant danse, théâtre, musique et body painting au Château des Tourelles à Vernon (accès libre).
- 14h – « Monet en Seine » : une lecture théâtralisée par la Compagnie des Petits Champs à la Maison Bonnard à Vernon. Pour réserver, cliquez ici.
- 16h – Concert des élèves : proposé par le Conservatoire Seine Normandie à Vernon (salle Maubert à l’espace Yolande-Moreau – Accès libre).