La taille, ça compte au volley ?
Beaucoup. Après, ça dépend de ce qu’on veut faire. Pour être coach, pas obligé. Non, en fait cela dépend à quel niveau on veut jouer. Mais il est vrai que plus on va monter de division, plus les gabarits vont être exceptionnels au volley, comme dans bien d’autres sports. Chez les filles, en première division, on est grand à partir d’un 1,90m, en dessous on est petit. Après on peut jouer libéro, pour le coup, la taille importe peu.
Les équipes de France féminines de basket, hand et football brillent au plus haut-niveau, que se passe-t-il avec les volleyeuses ?
Pour les 4 meilleures nations mondiales, les États-Unis, la Chine, le Brésil et la Russie, leur population est sans commune mesure avec la nôtre. Dans ces pays-là, il faut reconnaître qu'en plus d’une masse considérable de joueurs et joueuses, le travail vers le haut est bien mené, donc, les résultats sont logiques. Finalement, c’est l’équipe de France masculine, la bande à Ngapeth qui est hors cadre. Longtemps, les filles n’ont pas été pas une priorité. Dans le volley et le sport en général, l’égalité reste encore un vœu pieu. Vingt ans après la création d’un pôle France pour les garçons, les filles disposent enfin de la même structure pour les amener vers le très haut niveau. Nous restons sur un quart de finale des championnats du Monde, avec Héléna Cazaute comme leader. Le travail mis en place avec l’obligation de faire jouer des joueuses françaises en Ligue AF va évidemment dans le bon sens. Le volley féminin se structure et le meilleur reste à venir.
Un match de rêve comme coach ?
Lors de ma dernière saison comme coach, on change de salle, on passe du Canada à la salle Omnisports. Un match sans enjeu contre Istres, la meilleure équipe du championnat. Nous étions 4ᵉ. On perd, ça ne change rien à notre destin, on gagne… bah même chose. Des rugbymen de l’EAC sont dans la salle, elle est pleine comme un œuf. On se serait crus en Ligue des Champions, et on tape les Istréennes au 5ᵉ set, 17-15 (3-2), quand elles nous avaient étrillés à l’aller 3-0. Il y a des soirs comme ça où tout se goupille bien et en plus il y a l’ambiance de feu. Les filles présentes sur le terrain en parlent encore.
Déjà de grosses embrouilles dans le vestiaire ?
Alors oui, je suis du sud. J’ai un tempérament à monter très haut dans les tours et très vite ! Ça m’est arrivé quelques fois, cela restait des embrouilles sportives, le lendemain, c’était fini. À un moment, nous avions des Américaines dans l’équipe, elles s’en foutaient un peu de mes énervements. C’est vrai qu’avec mon accent du sud en anglais, c’était plus risible qu’autre chose.
Le match que tu voudrais rejouer ?
On se souvient que des jours heureux! Je n’ai pas une frustration sur un match particulier, mais à dire vrai, j’aimerais bien reprendre toute la saison en Ligue A, lorsque je coachais. Je m’étais planté dans le recrutement. On n’était toujours pas loin de l’adversaire, mais toujours derrière au score au dernier point. Ça n’a jamais rigolé… et on a fait le coup de l’ascenseur pour immédiatement redescendre en Élite.

Parmi toutes les joueuses que tu as entraînées, il y a une dont le parcours te surprend ?
Sabine Haewegene ! Elle jouait à Clamart, en Élite Elle était super difficile à contacter : parce qu’elle n’avait pas d’agent, et surtout elle ne répondait pas au téléphone. Je l’ai appelé, sans doute, 2 800 fois… L’été, elle était rentrée chez elle, en Nouvelle-Calédonie. On avait fixé un horaire pour se parler à l’autre bout du monde. Je l’appelle à 23h, son copain répond et m’explique qu’elle est à 3h de marche du village… des histoires de fou. Au final, quand je vois le parcours de Sabine qui l’amène en équipe de France, au Championnat du Monde pour y disputer un quart de finale, c’est génial. Génial d’autant l’écart qui peut exister dans nos façons de communiquer : moi plutôt volubile, elle très économe en mots et en émotions. Elle montre ce qu’elle veut bien montrer et c’est souvent… très sobre ! Mais entre nous, ça a matché.
Les différences essentielles entre coach et manager général ?
Il est essentiellement sur la durée des objectifs. Un coach travaille sur un temps court : une saison, voire 2 ou 3 si tu entends développer une joueuse. Un manager général regarde à 3 ou à 5 ans. Le périmètre d’action change également. Le coach bosse avec son équipe, parfois s’inquiète de la réserve, mais voilà quoi. Un manager général doit prendre en compte le club dans toute sa dimension : le secteur pro évidemment mais aussi l’école de volley et les catégories intermédiaires. Si on regarde l’avenir, l’EVB œuvre pour se qualifier pour une coupe d’Europe d’ici 2 ou 3 ans, c’est-à-dire se classer dans les 5 premiers de Ligue AF.
L’adrénaline du sport et du haut niveau, on la retrouve dans la vraie vie ?
En toute franchise, je ne crois pas. C’est d’ailleurs un peu dur. On ne peut pas retrouver ces émotions intenses. Le sport pro : ça va vite, ça bat fort. Je me rappelle me retrouver dans la salle omnisports, sur le parquet, et dans les tribunes 2 000 spectateurs. Dans la vie, ça dépend quel métier on fait, il est tout de même rare d’être au centre de l’attention d’autant de monde. Je ne pense pas qu’il y ait autant de hauts et de bas dans un job. Et d’ailleurs, je le déconseille. Moi quand j’ai arrêté, j’étais content de souffler… parce qu’il y a de magnifiques victoires mais aussi des défaites grandioses.
Pour de vrai, ton sport préféré ?
Haha, je te vois venir. C’est vrai, je suis du sud-ouest, mais j’ai une vraie passion pour le volley. Après, je suis très sport. Je suis actuellement très accro au paddle. Je vais voir l’ALM Basket, l’EAC Rugby, je vais aussi à Rouen pour l’Ovalie, j’aimerais bien assister à un match de hockey sur glace, si un dirigeant des Dragons m’entend, je suis ouvert à toute proposition pour découvrir le sport comme ce grand club professionnel normand. Voilà, j’aime les émotions que génère le sport. Et dans un gymnase, c’est bien plus fort qu’à la télé.
Ça existe la 3ᵉ mi-temps au volley ?
Ah oui bien sûr, et on n’est pas mauvais au volley. Moi, j’étais assez fan de la 3ᵉ mi-temps avec les filles...
