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Deux-Sept
Olivier Delacroix, un sexagénaire (hyper)actif
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Olivier Delacroix, un sexagénaire (hyper)actif

Un premier roman, une 14e saison de la série télévisée dans les Yeux d’Olivier, la création d’une chaîne YouTube, d’un live Twitch, une entrée sur TikTok, Olivier Delacroix, un sexagénaire (hyper)actif

Tout d’abord homme de l’ombre avec Christophe Dechavanne (Ciel Mon Mardi), et Olivier Delarue (Ça se discute), un crochet par la case documentaire chez Canal Plus avec Lundi Investigation, puis voici 16 ans, Olivier Delacroix présentait un projet à France 4 avec des interviews vérités avec des anonymes percutés par la vie. À 60 ans passés, le journaliste aux dreadlocks et aux yeux bleus publie son 1ᵉʳ roman, Le syndrome de l’imposteur. Rencontre.

Après plus de 35 ans dans le monde de la télévision, comment le journaliste devient-il écrivain ?

« Avec le groupe Black Maria, j’étais l’auteur des textes, en français. Avec les documentaires, j’ai pris l’habitude d’écrire des pitches. Je suis passé par la case scénario pour le cinéma avec Last Dance et Eldorado. J’ai remanié ce dernier qui est devenu La Mécanique de l’âme. François-Xavier Demaison est tombé sous le charme, il a acheté les droits. J’ai été marqué par les séries produites par HBO comme The Wire ou les Soprano, de la réalité fictionnée, c’est une forme d’écriture que j’ai voulu éprouver avec ce premier roman. »

Théo, le héros de votre livre, et Olivier Delacroix, deux victimes du syndrome de l’imposteur ?

« Il y a évidemment beaucoup d’Olivier dans Théo mais pas que. Mon héros synthétise un certain nombre de rencontres que j’ai pu faire, de personnes que j’ai vues souffrir du syndrome de l’imposture. »

Vous écrivez sur le milieu de la télévision et vous n’êtes pas tendre !

« Soyons clairs, dès qu’entrent en jeu pouvoir, argent et égo, les loups dévorent les agneaux.  On retrouve cette violence dans la politique, la haute finance, le cinéma, la chanson. Mon terrain, c’est la télévision, chaque personnage de mon roman existe, il est parfois un agrégat, mais il existe. Je restitue une réalité fictionnée. »

À la fin de votre roman, vous évoquez « la fabrique à imposteurs » que représentent les réseaux sociaux, vous marquez le coup avec « des adolescents largués, sans repère, et pire sans espoir. » C’est le papa qui parle ?

« Oui, c’est le père, témoin d’une époque. Depuis le Covid, les Gafa ont pris une importance considérable dans nos vies. L’essor de YouTube bouleverse les équipes des chaînes de télévision. Des jeunes se filment quotidiennement, produisent du vide, et gagnent des millions. La fabrique à imposteurs tourne à plein. Elle fera des dégâts, je le crains. »

Pourtant à plus de 60 ans, vous vous montrez hyperactif : une 14ᵉ saison de la série Dans les yeux d’Olivier, la création d’une chaine YouTube, une présence sur Twitch et TikTok…

« Je tourne actuellement la 15ᵉ saison ! Depuis presque 40 ans, il y a toujours eu un intermédiaire entre mes projets et le public. Là, je crée un écosystème, je produis, je livre et c’est le public qui décide. Les Gafa me permettent de me réinventer. »

Évreux, votre cousin Darko affirme que c’est la base, là où on ne peut pas se la raconter.

« Évreux, c’est chez moi. Une ville de province où les rapports humains sont parfois rudes. Mais à Évreux, je ne suis pas le mec de la télé, je suis Delacroix, le gars qui vient boire un verre chez Chriss avec ses frères de cœur. Ces gars-là savent me remettre droit si ma tête zigzague. Évreux, je m’y régénère, je m’y repose, j’y respire mieux qu’ailleurs, sans doute parce que mes racines sont profondes, solides. »

Le syndrome de l’imposteur, Olivier Delacroix, éditions Fayard.