Sous un soleil de plomb, le château des Bruyères, à Tilly (près de Vernon) a vibré début juillet dernier au rythme de la 5e édition de Castel’Art. Entre ferveur latine et immersion solidaire, le festival inclusif de l’Apeer a rassemblé des centaines de personnes. Un cru 2026 marqué par le spectacle «Onomatopée», une création où le handicap non verbal a pris le pouvoir par la musique.
Un Castel aux allures de carnaval cubain
Le thermomètre grimpe, la tension festive aussi. Dès 17 heures, le festival Castel’Arts a transformé Tilly en un morceau d'Amérique latine. L'objectif historique de l'événement reste inchangé : « accueillir des personnes de l'extérieur qui ne sont pas forcément familiarisées avec le monde du handicap », explique sa directrice générale, Anne Gutton. Sur une partie des 15 hectares du château, les spectateurs se sont massés pour des initiations électriques à la salsa et à la bachata, guidés par l'association des Andelys, Cocobamboo.

L'inclusion vécue de l'intérieur : des coulisses à la scène
Né au sortir du Covid, le festival a cette année encore poussé l'inclusion jusqu'au bout, y compris dans ses coulisses. Des réunions de préparation ont eu lieu toutes les deux semaines à travers un comité de pilotage (Copil) intégrant pleinement les travailleurs en situation de handicap. Pour l'une des travailleuses de la blanchisserie de Saint-Marcel, Phoebe, cette implication totale change tout : « On découvre un autre aspect et puis ça nous permet de développer nos compétences aussi, et qu'on soit fier de nous. »
Le choc « Onomatopée » : la parole aux sans-voix
Mais le véritable cœur du festival a battu ailleurs avec « Onomatopée. » Ce projet soutenu par la DRAC et l'ARS, est né d’un travail étroit avec l’association Les Hirondelles. La création est une chorale unique conçue spécifiquement pour et par des enfants et adultes non verbaux de l'Apeer. Marie La Mesta, directrice artistique du projet, décrypte cette démarche brute : « Non verbal ? Ça veut dire que c'est des personnes qui n'ont pas l'usage de la parole donc ils vont produire des sons mais qui ne sont pas des mots. On a créé un conte sur l'histoire du premier son qui a existé sur terre et c'est le rire d'un enfant » Onomatopée, pas de mot pour une émotion viscérale.
