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Deux-Sept
Dominique A s’entretient avec le Deux Sept avant son concert au Kubb à Évreux
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Dominique A s’entretient avec le Deux Sept avant son concert au Kubb à Évreux

Depuis 1994 et sa première venue au Rock Dans Tous Ses États, Dominique A revient se produire régulièrement à Évreux. Avant de fouler la scène du Kubb, le créateur du Courage des Oiseaux a accepté de s’entretenir téléphoniquement avec le Deux Sept, depuis Nantes où il réside de longue date.

Autrefois sur la carte d’identité, on pouvait lire la profession ? Artisan, artiste, chanteur, auteur, compositeur, écrivain, qu’inscririez-vous ?

« Musicien, oui. Auteur et chanteur, ça marche aussi. Sûrement pas artisan, ce serait de la fausse humilité. Je ne fabrique pas des chaises. Artisan, cela suppose une technicité. J’ai certes de l’expérience, mais je ne me reconnais pas cette technicité. Artiste ? Ça ne me gêne pas, au contraire. Oui artiste, je pourrais le revendiquer. »

Quelle est la genèse de Quelques Lumières ?

« Ce disque est né de la proposition de l’Orchestre de chambre de la comédie de Genève de travailler ensemble. En exhumant des vieilleries de mon œuvre, j’ai eu assez rapidement envie d’une captation. Après réflexion, nous avons souhaité enregistrer un album. »

Le disque 2, de ce double album, on vous retrouve avec un trio, comme un contre-point au disque 1 ?

« Oui, en effet. L’œuvre symphonique n’a jamais été un fantasme pour moi. J’étais vraiment heureux de me lancer dans cette aventure de relecture de certaines chansons, toutefois, je sentais que cela pouvait manquer de surprise. J’aimais bien l’idée de contre-point, oui, je reprends votre formule. »

Avec orchestre ou en trio, on a le sentiment que vous avez voulu introduire de l’espace ou des respirations pour des chansons qui vous accompagnent pour certaines depuis 30 ans ?

« C’est désormais mon cheval de bataille. Les chansons ne sont pas la seule finalité. Lors de ma tournée en 2021, j’ai commencé à donner de l’espace à certains titres. Je continue sur cette lancée et j’aspire à ce que le son se déploie complètement. J’y vois une façon de vivre la musique. La finalité, c’est ça : obtenir un son excitant. Le renouvellement, la réinvention, je n’y crois pas beaucoup. Moi, j’enfonce mon clou avec des instruments différents selon les moments, les envies. »

Des scènes et des concerts, vous en avez connu. Comment vous sentez-vous quelques minutes avant de vous présenter devant le public ?

« Honnêtement, cela dépend du moment de la tournée. Lorsqu’on enchaine sur 4 dates une même semaine, on est sur de la fatigue. De la bonne fatigue, mais de la fatigue tout de même. Maintenant, je ressens plutôt une pointe de plaisir. Néanmoins, le stress peut revenir à des moments totalement inattendus : un lieu qu’on ne sent pas, une balance qui n’a pas fonctionné, un problème de son pendant le concert. Sur scène, la routine n’existe pas, ça fait cliché de dire ça, pourtant, c’est vrai. Je monte sur scène en partant du principe que les spectateurs ne me connaissent pas et que je dois gagner leur approbation. J’aimerais rester quelqu’un qu’on découvre. »

Recherchez-vous toujours le moment d’abandon ?

« Oui, bien sûr ! Devenir comme une machine à jouer et entrer ainsi dans un état qui nous dépasse demeure toujours ce que l’on espère atteindre. Même dans les chansons down tempo, avec mes camarades, nous parvenons à créer des espaces de tension. Et s’il n’y a pas ça, je ne peux pas donner de l’émotion. »

Dominique A sera en concert au Kubb d’Évreux le jeudi 3 avril 2025. Ouverture des portes à 20 h. Les prix des billets varient entre 12 € et 27,20 €.

Avec la chanson Dans Le Camion tiré de L’Horizon (2006), n’avez-vous pas le sentiment d’avoir écrit la chanson ultime de tous les groupes rock de la terre et de tous les temps ?

« Oh… (rires), je ne sais pas ? Je voulais simplement rendre compte de façon triviale, amusée et tendre de la vie en tournée : cette bulle indifférente à la marche du monde. »

Dernière question, un Pascal Nègre d’aujourd’hui vous offre le budget de Fantaisies Militaires de Bashung avec des artistes et groupes œuvrant en simultanée pendant quatre mois dans trois studios séparés, vous faites quoi ?

« Je fais cinq ou six disques ! Six mois dans un studio, honnêtement, cela dépend du moment de la vie. Actuellement, bah, je ne pourrais pas, je suis centré sur ma famille. Avec Auguri (2001), j’avais eu la chance de travailler un mois en studio. Je n’ai plus jamais eu cette facilité. Depuis, j’ai appris à aimer la notion de limite. Fantaisies Militaires, c’est un album d’un autre temps, d’un temps qui n’existe plus. »