Aller au contenu principal
Deux-Sept
Aidant, un discret et pourtant lourd fardeau
3 min de lecture

Aidant, un discret et pourtant lourd fardeau

Détours de vie. Irma et Gijs (veuillez prononcer Réisse) Van Breugel gèrent et animent une école de danse de salon. Après une prise de sang anodine que les médecins annoncent à Irma qu’elle souffre d’un diabète et que les séquelles sont irréversibles. Le choc est difficile à encaisser. « Nous avons fermé notre école de danse, et plié bagage pour recommencer une nouvelle vie en France, à Amfreville-Saint-Amant. C’était maintenant, il y a 17 ans. Néanmoins, il faut bien l’avouer, nous n’avions aucune idée de ce qu’étaient réellement le diabète. »

L’aidant qui tombe à son tour

Petit à petit, le diabète de type 1 d’Irma progresse et ronge son corps : neuropathie, aphasie, incontinence, démence vasculaire, complication articulaire au pied, etc. « Centimètre par centimètre, je suis devenu un aidant. Si ce glacier de la maladie avance lentement, il a malgré tout fini par m’engloutir : 14 dossiers chez divers spécialistes, 18 médicaments à préparer quotidiennement. Il faut bien comprendre que la maladie ne percute pas que la personne qui la subit, le conjoint est touché. On doit travailler afin de pouvoir vivre correctement, s’occuper de tout à la maison, se transformer en aide-soignant, en apprenant sur le tas. Que deviennent l’épouse et le mari ? »

« Des assistantes sociales qui se bougent pour nous »

Collision contre un mur, Gijs subit un burn-out émotionnel. À son tour de demander de l’aide. « Les intervenantes médico-sociales du Département ont réalisé un super boulot. Mesdames Choi et Girard se sont montrées réactives, aussi professionnelles qu’empathiques. Cela nous a beaucoup soulagés. L’administration, ce sont aussi des agents qui se bougent pour nous. » Les Van Breugel ont pu bénéficier de l’APA (voir page 10) et d’une aide à domicile. Quant à Gijs, il a pu entamer un parcours avec un psychologue. « Nouveau détour de vie avec une rencontre décisive. J’ai décidé de changer de voie. J’ai passé un bachelor en psychologie et me voici psycho-praticien, à domicile. »

L’amour plus fort que le diabète

À l’évocation du slogan « Ça peut tous nous arriver », Gijs ne tergiverse pas : « De par mon expérience, j’ajouterai : ça peut tous nous arriver… et ça touchera fortement nos proches. » Il fait une pause et ajoute : « La vie est incroyablement fragile et peut basculer en un claquement de doigt ! Même si on se pense fort, chercher de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire ! » Les yeux partent dans le vague pourtant la voix demeure assurée : « Quand on se marie, on promet de prendre soin l’un de l’autre. C’est ce que je fais. Avec amour. Parce que la maladie, cette saleté de diabète, ne m’empêchera pas d’aimer ma femme. »

Aider les aidants
On les appelle les « aidants », celles et ceux qui soutiennent un proche sans être formées, rapidement elles peuvent se trouver en difficulté. Conscient des vulnérabilités de la vie et de ses répercussions sur les proches, le Département a développé des actions innovantes d’aide aux aidants.

Si vous voulez en savoir plus : https://eureennormandie.fr/ca-peut-nous-arriver/